Et ma place ?

J’ai hésité à en parler, puis dans l’idée d’améliorer ma communication je me suis convaincue de vous faire part de mes moments d’égarements depuis quelques semaines.Ce n’est pas un mythe, qu’il soit pathétique ou non, qu’on soit peintre, musicien, sculpteur, écrivain, photographe, il arrive qu’une vague de doutes vienne inonder nos pensées et que de peur, nous nous débattions tant bien que mal même si ce vertige nous submerge complètement.

C’est arrivé parce que je l’ai voulu.

Il y a quelques semaines j’ai eu le plaisir de recevoir une invitation et pas n’importe laquelle: J’ai en effet pris  connaissance d’une bourse dédiée aux photographes, organisée par des artistes de la capitale Normande. Je reconnais ne m’intéresser que rarement à des concours, ce qui est je crois dommage, mais souvent le manque de temps et d’intérêt en sont la cause. Mais je ne vais pas me justifier sur ce sujet et préfère revenir sur cette bourse. Elle était dédiée aux photographes Normands amateurs ou professionnels, ayant commencé à travailler un projet artistique, cela tombait très bien puisque je venais tout juste de trouver mon nouveau thème pour 2017. Et dans le but d’obtenir les meilleurs conseils possible pour bénéficier de cette bourse, j’ai pris contacte avec l’un des membres de jury, une photographe contemporaine de Rouen. Evidemment, je savais à quoi m’attendre, et pourtant…

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(Photo Lenore : Modèles Paul et Mathilde Maugard, makeup Sophie Moutier)

On ne va pas se mentir, mon travail est loin d’être considéré comme “contemporain” d’ailleurs si vous avez une idée du terme approprié je serais bien heureuse de l’entendre. Néanmoins je souhaitais vraiment avoir l’avis d’un professionnel de la “sphère” des artistes de la région. J’y suis allée tête baissée, et vous pouvez me claquer tant que vous le voulez, je suis une personne très peu sûre d’elle pour ce qui est de son propre travail (mais je me soigne). Je suis entrée dans la galerie ou nous avions rendez-vous et là j’ai eu la confirmation de mes doutes : Je n’étais pas à ma place…Mais étant un peu maso et de toute façon sur place, j’étais déterminée à présenter mon portfolio, ne serait-ce que pour dire à cette personne “coucou je suis là”. Évidemment le constat n’a pas été très bon: Je vous épargnerai les détails mais je peux vous donner la conclusion : Je ne suis pas à ma place.

Mais elle est ou ma place ? La mode ? La pub ? c’est ce qui m’a été conseillé, et croyez moi j’en ai été très peinée. Un sentiment d’injustice m’a habité, pourquoi mon travail devrait servir à vendre des produits alors que je ne rêve que de la liberté de l’expression ? Alors je me suis dit “à quoi bon ?” Pourquoi persister à se donner autant de mal si mes photos ne peuvent être reconnues par le monde artistique ? J’avoue chercher davantage la réponse, mais là ou il y a encore deux jours j’étais en manque d’énergie mentale pour pouvoir me relever, aujourd’hui quelque chose a changé: J’ai obtenu la réponse à ma candidature pour la bourse hier soir, et comme je l’imaginais, je n’ai pas été retenu, seulement par curiosité, je suis allée consulter le travail de la lauréate,et en effet, rien à voir. Je ne m’engagerai pas sur le chemin de la mauvaise perdante mais une chose est sûr, j’ai décidé de me foutre un gros coup de pied au cul et d’oublier toute cette histoire (ou en tirer une leçon). Je reste persuadée qu’une remise en question est bénéfique et peut-être qu’un changement (flagrant ou non) se fera ressentir dans les prochains travaux. Vous avez découvert les nouvelles photos depuis peu et sachez que je m’engage toujours vers le chemin sombre de l’expression puisque c’est mon univers et que je reste sincère avec moi même, mais la technique sera probablement différente.

J’ai encore tant à dire, et même si un jour je souhaite m’éloigner de la photographie, sachez que je ne peux vivre sans communier avec le monde artistique.